un piétonnier à Bruxelles : marcher ne fait pas l’unanimité

Suite à l’accord de la majorité, la ville de Bruxelles a décidé d’agrandir le piétonnier déjà existant près de la Grand-place.plus d’éléments factuels

à l’horizon 2017, il est question d’interdire l’accès aux voitures des Halles Saint-Géry à la gare centrale, en passant par le Boulevard Anspach. Ce projet, déjà en discussion depuis plusieurs années, a été remis sur le tapis par le nouveau bourgmestre, Yvan Mayeur (PS). Un agenda des travaux et modifications a été établis et a déjà commencé à être appliqué. Ainsi, l’hivers dernier, le boulevard Emile Jacquemin est passé à sens unique.

Quels sont les intérêts en jeu ? Pour le conseil des échevins de la ville de Bruxelles, ils sont clairs. L’objectif est de relancer l’économie du centre-ville en attirant davantage les touristes, de désengorger le centre historique et d’améliorer l’environnement des riverains pris en otage au quotidien par les hordes de voitures. A ces motifs louables, s’ajoute celui de créer ainsi le plus grand piétonnier d’Europe (à l’exception de la ville de Venise). Els Ampe (Open-VLD), échevine de la mobilité, est en liaison avec la STIB pour établir un plan de transport cohérent d’où les bus ne seront pas exclus. Quelques changements de place d’arrêts et de terminus sont prévus, mais touchent une minorité de lignes. En outre, il est possible qu’un petit train électrique soit mis en place pour faciliter l’accès du centre aux personnes âgées, à mobilité réduite, ou même pour rendre la visite du centre plus conviviale.

Par contre, il semblerait que la Commune n’ait pas eu le même dialogue avec la zone de Police de la ville de Bruxelles/Ixelles. Selon deux policiers qui ont témoigné en leur nom propre, les interventions d’urgences seront plus compliquées ; déjà maintenant le changement de circulation au Boulevard Jacquemin ralentit les déplacements des services publics. De plus, il risque d’y avoir d’avantage de SDF dans les rues du centre. Ils soulignent également qu’une telle zone encouragera les problèmes de violence, de vols à l’arrachée et de dégradations sur la voie publique.

Du côté des commerçants, les points de vue divergent. Chez Alfredo, un petit magasin de prêt à porter pour hommes, la durée des travaux effraie : « Globalement le projet en soi est positif pour les commerçants. La seule chose est que la durée des travaux va nuire clairement aux commerçants. Les trois années évoquées sont un problème. Entre ce qu’on dit et la réalité, il y a une différence. On a l’habitude de travaux dont le temps s’éternise. ». Il estime également que dans une première phase, les travaux, de manière générale, perturbent les commerces et qu’il y a d’autres priorités comme la rénovation de la rue Neuve. Par contre, dans un des magasins Léonidas on apprécie la mise en valeur du quartier. La vendeuse du Montre-Service, dans la Galerie Anspach, compare le futur piétonnier à Louvain-La-Neuve : cela créé une ambiance plus détendue et positive pour le commerce. Selon la jeune femme, le fait de se déplacer en voiture contribue à une atmosphère stressante. En outre, un tel projet attirera d’avantage de touristes et permettra à l’économie de se développer.

Mais qu’en est-il de Monsieur et Madame tout le monde ? Le projet ambitieux ne fait pas encore l’unanimité parmi les citoyens. Tantôt, le piétonnier est bien vu parce qu’il y a trop de voitures dans le centre-ville ; tantôt, l’accroissement des problèmes de circulations son pointés du doigt.  » Marcher c’est bon pour la santé. On découvre une ville par les pieds », nous livre Maëlle. Par contre, Marie en tant que riveraine s’insurge : « il me semble que pour une telle mesure, l’avis des habitants de la commune est important, surtout si on utilise leur argent. nous n’avons pas été suffisamment consultés ». « pour la circulation ça pourrait peut-être être un problème. Mais cela ferait une ville plus animée. », pense Jude. Selon lui, les transports en commun ne pourront pas suivre la demande si la STIB ne change pas leurs fréquences.

Dans ce projet, ce n’est pas l’idée qui pose problème mais sa mise en pratique. Pour ou contre, chacun a sa propre opinion. Mais une chose est sûre, d’un côté comme de l’autre, les arguments sont durs comme du macadam.

 

 

 

 

 

 

 

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