Kinan Azmeh, un souffle de vie

Remarqué lors du concert d’hommage aux victimes des attentats du 22 mars 2016, le clarinettiste syrien vivant à New-York Kinan Azmeh revient au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, le 3 juin, avec son ensemble Hewar («Dialogue»). Un dialogue qu’il engagera avec les 12 cordes de l’Orchestre royal de chambre de Wallonie, sur le mode de l’ouverture et de la paix.

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A quoi pensait-il en entrant sur la scène du Palais des Beaux-Arts, le 21 mars dernier? Aux victimes des attentats du 22 mars 2016 que ce concert célébrait? Au Syrian Expat Orchestra qui l’invitait pour l’occasion à porter la voix de cinq millions d’exilés? A son vol de retour chez lui, à New York, hypothéqué par un nouveau décret anti-immigration de Trump? En cet instant précis, Kinan Azmeh pensait surtout au combat qu’il aurait à mener contre le silence…

«Cela me saisit à chaque fois», nous a-t-il révélé du bout des lèvres, quelques heures avant le concert. «Cela me fascine toujours quand l’air devient note. Car le statu quo du son, c’est la mort, finalement. Que vous jouiez du Mozart ou de la pop, c’est pareil. Vous devez lutter contre quelque chose pour produire un son. Le souffle, c’est la vie, c’est symbolique. Insuffler la vie dans l’instrument, c’est comme faire du bouche-à-bouche à quelqu’un qu’il faut ranimer. Sans quoi, ma clarinette n’est jamais qu’un simple bout de bois.»

Dans la grande salle, le son s’élève avec une plénitude toute mozartienne; le mouvement emprunte la liberté du jazz et les couleurs, les modes camphrés de l’Orient. En un instant, le public mélangé qui était venu l’écouter comprend que sa cantilène triste et implacable dépasse la simple performance. C’est une épitaphe, nue et pudique, lancée à l’adresse de centaines de milliers de disparus, de millions de déplacés qui doivent aujourd’hui rester en vie. Standing ovation. 

Le streaming du concert est à revoir sur le Facebook du KlaraFestival.
Extrait de la répétition ci-dessous

PORTRAIT

Kinan Azmeh naît à Damas en 1976. «Dans une famille à l’esprit ouvert», précis-t-il d’emblée…

…L’éclectisme, pas le meeting pot

…La rencontre avec Yo-Yo Ma et sa Route de la soie

…On surestime la différence

…Faire jouer les cultures ensemble

…Que peut l’artiste face à la violence

…L’humanité, au-delà des mots

Et une chute sur le souffle de vie!


Encadré sur le concert du 3/06

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